Exil des idoles

by Jean-Sully Ledermann + Shaomi

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1.
je veux que tu avales la vie je veux que tes antécédents m'enlacent la parole je veux détricoter nos dépendances, transmuer nos ambivalences en étuves antédiluviennes je veux te danser hors de moi je veux que tu m'évites dans les yeux je veux le chaos, le bruit dans ma tête et des indécences à n'en plus compter je veux que nous glissions enlacés je veux la dérive des continents et nos épices en constat d'urgence je veux insinuer des préludes à n'en plus finir griffonner des illusions sur ton épiderme je veux que nous épuisions nos réserves de choses impensables je veux te laisser rentrer chez toi sans un mot puis déposer des insolences sur le pas de ta porte je veux la liste de tes chansons je veux le décompte de tes pluies je veux l'étendue des dégâts, l'inventaire des petites choses qui te font mordre l'oreiller au creux des nuits les plus noires je veux l'entourloupe et l'ivresse je veux bazarder les cartes en travers de la table je veux poser mes lèvres sur les flammes et ne plus me demander quel jour on enterrera les fruits je veux que tu me regardes lorsque je m'épile je veux que tu m'arraches les éclats de verre des yeux je veux un incendie dans la baignoire et des nébulosités jusqu'à ce que les hasards s'effondrent je veux jeter les ignares dans des gouffres lorsqu'ils prononceront d'autres noms que le tien je veux te caresser au milieu d'une foule sans que nul ne s'aperçoive de rien au point que la chair s'embrase et que nos vœux pieux se muent en maison close je veux te cracher par terre et mordiller tes inutilités je veux être la photo de voyage agrafée sur le mur de ta chambre je veux un sentiment d'urgence entre nos entrevues une sorte d'incapacité à profiter des aubes je veux maudire le nom du dieu qui nous a écrasés l'un sur l'autre je veux connaître le goût d'un lendemain torpillé je veux te laper peu à peu jusqu'à tisser des élastiques je veux te rendre plus coriace, éprouver ta résolution je veux t'imposer des chemins de traverse je veux être le somnambule qui erre le jour et qui t'arrachera au futur
2.
J'accuse 02:49
une île calme, c'est tout ce que je te demande dit-elle une route vers nulle part, c'est tout ce que tu avais avant ce matin dit-elle je serai ton nosferatu tout à toi rien qu'à toi dit-elle au commencement, dieu te suça bien la côte dit-elle cela doit bien signifier quelque chose dit-elle mes cheveux sont un nuage orageux si tu les caresses dit-elle mes métaphores météorologiques forment une unité de temps dit-elle démêle mon jeu de tarot si tu peux dit-elle tu y trouveras une source vive et la virilité dit-elle si tu ne peux pas, je t'y forcerai dit-elle mon sexe est une prise mortelle et je t'élancerai jusqu'à l'électricité dit-elle les autres ne savaient pas le faire dit-elle tu vois bien que je suis supérieure à la somme de tes transitions au carré dit-elle je le sais bien que ton passé est décomposé dit-elle mais ne t'inquiète pas, je vais réparer tes fissures nuageuses dit-elle lorsque tu verras à travers mes orbites tu comprendras que mes métaphores météorologiques sont un passage vers toi-même dit-elle au-delà des vagues enragées, il y aura ton reflet dans ma joie dit-elle et ces voix distantes, tu ne les entendras plus dit-elle ta surdité sera ma chanson dit-elle après quoi nous irons nous acheter des légumes au marché bio dit-elle et tu sauras le vrai bonheur dit-elle j'accuse réception de tes lèvres dis-je et nous allâmes au marché bio
3.
De Troie 07:14
je suis entré en toi par la petite porte parce que tu m'avais dit que tu étais de troie et que pour toi c'était la grande guerre en guise de guerre, je voudrais faire du nettoyage et passer au karcher le manège en nage de tes ménages à trois tu m'as récité l'illyade en entier à chaque fois que nous prenions l’ascenseur à chaque descente un peu brusque, tu m'as soufflé : « n'aie pas peur, accroche-toi à mes tétons » je t'ai crue et je suis tombé nous nous étions promis la fusion de l'atome crochu nous nous étions promis de nous dissoudre l'un dans l'autre (enfin, surtout moi dedans toi) nous devions susciter l'admiration (enfin, surtout tes jambes) et lorsque je relis tes lettres je comprends qu'elles n'ont de sens que lues à l'envers « eiv am ed emmoh'l se ut euq siamroséd sias ej, ruoma nom » il fallait pourtant être deux pour se débiter en tranches il fallait pourtant être deux pour se débiter de telles sornettes la fable d'un couple sans date de péremption (d'un saule à quatre vies) ce couple, ce n'était pas nous je lèche les jets de napalm de ton dernier amant il en reste tartiné sur les points stratégiques de ton épiderme je mâche vos capotes usagées comme des chewing-gums pendant que tu te livres à l'inventaire de vos ébats combien de pauvres cons as-tu éjaculés, déjà ? sept, huit, neuf ? et quand sonne ton zéro-six c'est florent, et on rigole c'est nicolas, et tu m'embrasses parce que tu ne répondras pas parce que ce soir, tu es à moi « c'est ça, que j'aime avec les kinder surprise on avale vite, on monte le jouet puis on l'oublie tout de suite, et on finit par le jeter mais le sucre ancre un goût persistant dans la bouche alors on finit par en bouffer un autre » tu aurais pu aller à rome (tu aurais pu aller à rome) tu aurais pu aller à prague (tu aurais pu aller à prague) tu aurais pu aller à londres (tu aurais pu aller à londres) mais tu t'es dispersée sur place me faire cocu, c'est plus glamour lorsque tout le monde est au courant tu m'as dit que je dévaluais mes dons et qu'avec ce pull, que tu m'avais offert, je pouvais séduire qui je voulais tu m'as dit que ma langue était addictive et j'ai fini par te croire et j'ai fini par sortir un peu plus tard le soir et là, tu sais quoi ? je plaisante avec la serveuse elle me kiffe mon avocate a dit que tu étais malsaine j'ai dit que oui mais que tu sentais bon comme une épice et que si je réglais ta facture téléphonique tu me laissais lire le détail des appels mon avocate a dit ce n'est pas rentable alors j'ai couché avec mon avocate et elle n'a plus rien dit du tout allez, ne pleure pas lorsque j'ai dit que je partais tu le sais bien que je n'étais pas vraiment sérieux je n'étais pas sérieux non plus, d'ailleurs lorsque j'ai raflé ta copine et puis, tu l'as raflée la première lorsque tu m'as décrit ses cris, tu m'as dit : « les filles ça compte pas c'est pas grave » lorsque tu m'as décrit ses cris, ça m'a fait envie allez, sèche tes larmes c'est toi qui l'a dit : « les filles ça compte pas c'est pas grave » la prochaine fois peut-être, si tu veux on la raflera ensemble un jour, lorsque tu te seras depuis longtemps évanouie dans un métro, ou par avion avec un type ou un champion d'aérobique les gamines de vingt ans m'appelleront « monsieur » sans vraiment me voir j'aurai un peu de ventre et une compagne aimante et je me demanderai combien d'enfants tu as et je me demanderai pourquoi je ne t'ai pas quittée plus tôt mais de temps à autre, entre deux bonheurs je croirai t’apercevoir dans la foule et je me dirai je me dirai que malgré tout nos amours crades, parfois me manquent
4.
je t'aime est un autre un autre moi une multiduplicité de moi qui s'entrelace dans la contradiction lorsque je plonge en toi je ne fais que me noyer dans mon propre reflet je t'aime est une ébauche perpétuelle une esquisse inaboutie la caricature d'un rêve d'enfant livré aux crocs cruels de la réalité je t'aime est une excision de l'absence je t'aime est une alternative à la poésie une autre manière d'occuper mes nuits blanches, en somme je t'aime n'est pas une pop song non, je t'aime n'est pas une mélodie enchanteuse je t'aime est une cacophonie graineuse dans laquelle il est difficile de s'entendre et pourtant je t'aime est un selfie à deux dans lequel je ne me reconnais pas mais qui, l'air de rien me possède en hurlant je t'aime est un village en fête et parfois en flammes aussi une foule enhardie qui tricote mes neurones et me dicte le choix des épices je t'aime est une dissertation notée sur vingt je t'aime est une dissection la recherche de l'atome crochu qui s'emmêle sur le fil de nos redécouvertes la confrontation de vécus infranchissables et la caresse improbable d'une renaissance éphémère je t'aime est une ligne de fuite un cadastre dont il faut retracer les lignes en permanence je t'aime est une hésitation dans l'abondance je t'aime est une utopie-néon je t'aime est un port d'attache une virée au lupanar entre deux traversées blanches je t'aime est une overdose de préciosités précaires une liberté sous caution qui jaillit de nos bouches et se mue en appétence un remplissage de l'âme en quelque sorte une danse du ventre vouée à l'échec je t'aime est un hypertexte inassouvi je t'aime est la cartographie des liens morts je t'aime est une ambition l'envie le désir de se comporter en adultes et de ne pas se laisser prendre aux jeux de vilains trop plié le dos rompt tropical et moelleux en amont le lit s'effondre et nous avalons des couleuvres je t'aime est un entre-deux, c'est tout
5.
Velléitude 06:40
j'aurais voulu une petite maison jolie mais je ne suis jamais parvenu à trouver le chemin tu n'aurais pas dû t'éloigner du sentier j'aurais voulu un grand appartement blanc avec vue sur la mer et un piano au milieu du salon tu n'aurais pas dû sécher les cours de solfège j'aurais voulu avoir une voix claire et forte que l'absence elle-même eût entendue tu n'aurais pas dû te contenter de si peu j'aurais voulu connaître le nom des écrivains tu n'aurais pas dû regarder l'amour est dans le pré j'aurais voulu que les tentacules des amoureux ne se prélassent pas dans ma bouche tu n'aurais pas dû baiser nabila ce soir-là j'aurais voulu ne pas trop avoir à me regarder dans la glace tu n'aurais pas dû être si narcissique j'aurais voulu ne pas fondre en larmes lorsque je me regarde dans la glace tu n'aurais pas dû conserver ton visage j'aurais voulu que le téléphone ne sonne pas quand je suis aux toilettes tu n'aurais pas dû sourire à cet inconnu j'aurais voulu un instant de paix toutes les cinq minutes avant de reprendre ma petite cuisine tu n'aurais pas dû rester chez toi les jours de manifestations j'aurais voulu que rien ne me démange tu n'aurais pas dû te gratter l'herpès j'aurais voulu que les irritations soient des petites pilules labellisées qu'on aurait pu gober quand on voulait tu n'aurais pas dû manquer ton rendez-vous à pôle-emploi j'aurais voulu qu'on m'offre une poupée barbie pour noël tu n'aurais pas dû piétiner tes majorettes à pâques j'aurais voulu que les ivrognes fondent à d'autres pieds que les miens tu n'aurais pas dû négliger ton apparence j'aurais voulu que mon salaire soit ajusté à l'inflation tu n'aurais pas dû mettre une cravate rouge le premier jour j'aurais voulu qu'il n'y ait pas de crise économique tu n'aurais pas dû voter pour ce con j'aurais voulu bander comme un gorille à chaque fois qu'elle me parle tu n'aurais pas dû lui demander sa main j'aurais voulu que les angoisses ne m'adressent jamais la parole tu n'aurais pas dû te droguer les week-ends j'aurais voulu que la transpiration sente bon tu n'aurais pas dû aller courir les jours d'alerte-pollution j'aurais voulu ne pas transpirer du tout tu n'aurais pas dû exposer ta peau blanche au soleil j'aurais voulu un refuge à l'abri duquel je n'aurais plus entendu le cri des poissons tu n'aurais pas dû abandonner les animaux sur l'autoroute j'aurais voulu qu'il n'y ait pas de génocide en bosnie tu n'aurais pas dû attiser la colère des serbes j'aurais voulu savoir ce qu'aurait composé john lennon s'il avait vécu tu n'aurais pas dû télécharger ce single de lady gaga j'aurais voulu que maman porte toujours la même robe orange que sur mes dessins de maternelle tu n'aurais pas dû te comporter comme ta mère j'aurais voulu que papa soit aussi intelligent que moi tu n'aurais pas dû te distinguer de ton père j'aurais voulu que les homosexuels se cachent tu n'aurais pas dû leur permettre de se marier j'aurais voulu que les voitures soient toutes des corvettes tu n'aurais pas dû croire ce que disaient les feuilletons américains j'aurais voulu que les immigrés conduisent les voitures au lieu de les brûler tu n'aurais pas dû militer contre le racisme j'aurais voulu que vraiment mais alors vraiment vous ne vous m'appeliez pas comme cela tu n'aurais pas dû leur donner ton vrai nom j'aurais voulu ne pas avoir peur d'être moi-même tu n'aurais pas dû t'inscrire sur meetic j'aurais voulu pouvoir te dire que tout ira bien tu n'aurais pas dû traiter ton psychanalyste de charlatan j'aurais voulu être du genre à me laisser porter par le vent tu n'aurais pas dû acheter ce livre de coelho à la fnac j'aurais voulu que mes enfants soient en bonne santé tu n'aurais pas dû avoir d'enfants avant d'avoir terminé tes études j'aurais voulu que mes enfants soient heureux tu n'aurais pas dû avoir d'enfants j'aurais voulu que les femmes dansent avec moi tu n'aurais pas dû te prendre une cuite samedi soir j'aurais voulu conserver un ventre plat tu n'aurais pas dû te fourrer ces fruits confits dans la gorge j'aurais voulu qu'il n'y ait pas de famine en corée du nord tu n'aurais pas dû tirer la chasse aussi souvent j'aurais voulu qu'un dieu bienveillant se penche sur mon cas tu n'aurais pas dû mâcher l'hostie j'aurais voulu être un enfant prodige tu n'aurais pas dû regarder la fente de la maîtresse j'aurais voulu être un enfant désiré tu n'aurais pas dû briser le vase chinois de maman j'aurais voulu aller parler à cette fille tu n'aurais pas dû te tripoter devant des pornos j'aurais voulu me lever ce matin tu n'aurais pas dû te diluer sur facebook au lieu d'aller au lit j'aurais voulu découper des sourires par centaines et les coller sur les murs de mon village avec de la colle et un pinceau tu n'aurais pas dû parler franchement à tes amis j'aurais voulu que l'on me cite en exemple dans les manuels tu n'aurais pas dû assassiner cabu j'aurais voulu que l'on se souvienne de moi après ma mort tu n'aurais pas dû porter un t-shirt à l'effigie de quelqu'un d'autre j'aurais voulu ne pas mourir d'un cancer tu n'aurais pas dû snober les légumes bio, connard ! et j'aurais voulu que vous lisiez mon poème jusqu'au bout tu n'aurais pas dû l'écrire à la première personne
6.
like/dislike like/dislike like/dislike like/dislike as-tu déjà éprouvé l'ascendance les yeux dans la bouche le verbe en apnée la prescience qui titille ? as-tu déjà reçu la foudre comme un présent déposé au creux de la main un interdit que l'on se passe de main en main de peur qu'il ne nous échappe ? t'es-tu déjà demandé ce que ça fait d'être cristallin sans être transparent ? juste être là peut-être que ce n'est déjà pas si mal pas si petit pas si vain peut-être que ça n'a pas d'importance que ce soit bien ou pas (dis-moi...) as-tu reçu ton présent ce matin ? le film était-il satisfaisant ? avais-tu le premier rôle, ou bien...? imagine que tu chutes imagine que tu ne chutes pas imagine que tu chutes imagine que tu ne chutes pas imagine que tu aies le choix de choir ou de ne pas choir ? que choisirais-tu ? (chut !) si tu voyais les êtres pour ce qu'ils sont les anticorps de tes chouchous leurs inquiétudes entremêlées (si tu voyais comme je les vois) conserverais-tu tes chouchous ? conserverais-tu tous tes boucs émissaires ? festoyer ne pas festoyer regarder les autres festoyer se demander sans cesse s'il y a quelqu'un pour se soucier des plissements sur nos fronts des notes de bas de pages que nous semons derrière nous des fois qu'il y aurait quelqu'un pour les lire as-tu obtenu ce que tu voulais as-tu reçu ce dont tu avais besoin ? as-tu obtenu ce que tu voulais as-tu reçu ce dont tu avais besoin ? pourquoi cet arôme reste-t-il incrusté pourquoi cet arôme ? ce qui n'existe plus incrusté dans tes (neurones) si tu voyais les choses pour ce qu'elles sont (si tu voyais comme la nature s'en fout) saurais-tu concevoir l'inutilité d'avoir un avis-rien sur tout le bleu qui reste bleu que tu le trouves joli ou pas ? mais les têtes continueront de tourner les rires de jaillir les clés d'ouvrir des portes et les concierges de les refermer et nous de les rouvrir et tout ça comme ça jusqu'au bout et tout ça comme ça jusqu'au bout jusqu'à-ce que tes yeux s'ouvrent ou se ferment like/dislike like/dislike like/dislike like/dislike
7.
les choses les tombe les idées les envies les tombe ne te retourne pas ne tombe (exil des idoles) l'exil a débuté l'exil a tombe il y a des cycles, il y a tombe longtemps, il y a tombe une obscurité je n'étais déjà plus là déjà tombe en train d'enrober les divinités de mâchouiller les cheveux des fées de mordiller les pommettes des statuettes (des démones) des apsaras parties elles sont parties les idoles tombe tombe tombe « rencontre-moi entre les lignes mais ne t'égare pas » ce fut le dernier murmure des dieux ce furent les derniers mots avant la tombe vie j'avais fouillé longtemps dans les tombe dans les métaphores dans les tombe dans les paraboles dans les tombe dans les signes cherché le langage des fruits il fallait du sens aux épisodes car je savais désormais que les tombe que les épisodes ne se nomment pas que les tombe que les épisodes tombe que les épisodes se plaisent à n'avoir aucun sens tombe même lorsque même lorsque l'on rembobine la cassette même lorsque l'on revisite les temples les ébauches de temples les temples effrités les temps naïfs les étés perdus les débuts d'automne (pourquoi toujours l'automne ?) pourquoi demandez-vous pourquoi, c'est moi, c'est moi qui normalement demande tombe pourquoi je n'avais de cesse de trouver le vrai rythme la vraie lumière la vraie ampoule je n'avais de cesse de lire les graffitis sur les murs de lire sur les visages des vierges indécises des des indices des expressions de ce qui pouvait être de ce qui pouvait pleurer la nuit (si les pinceaux pouvaient dire leurs aléas secrets si les ) j'avais grandi trop vite évolué en accéléré j'avais tombe j'avais grandi trop vite évolué dans une absence de temps dans une absence de tombe dans une absence dans une absence dans une absence dans une absence de tombe sens les sens à fleur de fleur les mots la parole dilués par tant de tombe reflux et les voix se sont faites entendre et les voix ont promis des tombe des épopées épiques des tombe et qu'il y aurait du du retentissement du tombe sens et j'ai dansé et j'ai dansé et j'ai dansé des lunes et j'ai dansé jusqu'au bout du souffle et plus tard encore tant qu'il y avait de la musique en épopées épiques en bribes, même tombe (si les avalanches cessaient de couler les êtres n’auraient plus de raison d’être exotiques) et parce que je dansais trop vite alors souvent je tombais souvent je me brisais en mille petites fissures souvent je en mille petites fractures en mille équations souvent je tombe en amalgames j'ai appris que s'écouter penser c'était ne plus s'écouter penser c'était laisser filer les pensées, c'était laisser s'effilocher les les obstinations les les prières improvisées la joie la joie de tombe un brouillard en quelque sorte et tout tombe devient flou les les lumières les les gens les les signes les tombe tout (et si les chiens n’aboyaient plus au milieu d’un tapage de réveillon le bruissement des paupières passerait inaperçu) exil des idoles je contais je racontais je me je me racontais des contes et des équations des des bruissements d'eau sur les lacs des des ricochets des j'ai tenté de dessiner la cartographie des conséquences mais la la cartographie m'a échappé les épisodes ne faisaient plus sens ne faisaient plus la cartologie la l'étude des déformations spatiales par transformations continues sans sans arrachages ni ni recollement des structures la la topographie topologie cartographie s'avérait une science inexacte une tombe une vanité ? (si les vœux se réalisaient à temps le temps le temps cesserait d’avancer le temps cesserait de croître les enfants figés) exil des exil des volontés comme un grand rien comme un petit pincement au coin du cœur comme une absence de tombe feu où sont mes/ où ai-je rangé les tombe les prophéties ? tombe exil des idoles il n'y a pas de desseins d'attentes de il n'y a pas de sens il y a le vide et une ébauche d'acceptation sans le sens et sans le sens n'est pas dans le sens le le sens n'est pas là non pas là dans le signifiant le sens est juste là dans le oui le sens est dans le oui dans le dans le réel exil des idoles amnistie du souffle

credits

released October 14, 2017

Écrit par Shaomi
Composé par Jean-Sully Ledermann

Shaomi : voix
Jean-Sully Ledermann : musique, voix additionnelles sur « J'accuse », « Velléitude » et « Peutêtredéjàpassimal »
Sandrine Couvet : voix additionnelle sur « De Troie »

Enregistré, mixé et masterisé par Jean-Sully Ledermann @ Studio du Chemin de l'Infini, Auvers-sur-Oise

Photographie : Armando Ascorve Morales @ Unsplash.com
Graphisme pochette : Shaomi

Remerciements : 2080, Armando Ascorve Morales, Bettina Pracht, Christophe Novent, Élaine Germain, Emmanuel Brach, Émilie Brach, Evelyne Janson, François Desautels, Guillaume Baille, Hélène John-William, Jonathan Bertin, Karina Ann Mendonça, Léa, Léna Gahéry, Lise Rondot, Nicole Muller, Puzzle, Safran, Sandrine Couvet, Séverine Rouy, Unsplash

Ⓟ + © 2017, Jean-Sully Ledermann + Shaomi

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